Le projet “Simorq”

Simorq
(Oiseau fabuleux de la légende iranienne)

 

Le Livre des rois (Shâhnâmeh) de Ferdowsi- poète épique persan de la fin du Xème siècle- n’est pas seulement le plus important monument de la littérature persane, mais aussi un des chefs d’œuvre de la littérature mondiale. Cette épopée composée de cinquante mille distiques brossant une fresque mythologique où protohistoire et histoire se succèdent dans un même souffle épique, contient deux fois plus de distiques que l’épopée d’Homère, l’Iliade et l’ Odyssée, et vingt fois plus que l’épopée allemande Nibelungen.
Parallèlement aux richesses du nombre de distiques et de notions comme l’amour, la nostalgie, l’enthousiasme, le Shâhnâmeh illustre des scènes des contes mythiques de l’Iran antique et ramène le lecteur au coeur de l’histoire de ses héros, de leurs champs de batailles et de leurs scènes de plaisirs, d’où la difficulté d’une version musicale de ces contes. La musique est l’art de transmettre des concepts comme l’amour, la haine, la nostalgie, mais quand il s’agit de raconter une scène vivante, alors la version musicale rencontre des difficultés.
L’autre complication de la version musicale de cette oeuvre est l’interdépendance des distiques, ce qui complique leur composition ou encore leur déplacement.
L’absence d’une tradition d’orchestration et d’une musique polyphonique est l’une des autres complications pour le musicien iranien. L’instrument musical persan est par nature soliste. Il faut dire que la science musicale en Iran date de moins de cent ans, aussi l’adaptation musicale de la poésie persane a toujours pris une forme orchestrale symphonique et philharmonique. Parmi les exemples les plus brillants de cette démarche, on peut nommer Bijan et Manijet, l’oeuvre de Amir Hossein Dehlâbi et Sohrâb de Lorris Cheknavarian.
L’orchestration dans la musique iranienne ne date pas de très longtemps et les oeuvres d’orchestration sont très rares. Pour créer une oeuvre d’après un texte tel que le Shâhnâmeh, le musicien a besoin d’un ensemble de différents thèmes et mélodies et d’une polyphonie de plusieurs airs. Ce sont justement ces complications qui ont empêché les musiciens iraniens de présenter une version musicale de cette immense oeuvre.
Simorq, dont l’histoire raconte la naissance et la croissance de Zâl, l’enfant albinos dont l’oiseau devient la nourrice, est l’une des plus belles et des plus complexes des histoires du Shâhnâmeh. Dans cette histoire, Ferdowsi aborde, dans un souffle épique, des thèmes comme la destinée, la peur, la malédiction et surtout l’amour.
Outre son esthétique littéraire, cette œuvre a également un ton musical intérieur, ce qui est la principale raison pour laquelle Hamid Motebassem a choisi cette pièce pour en créer une version musicale.
Motebassem doit non seulement, par les instruments musicaux, raconter l’amour de Zâl pour Rudâbeh, la princesse afghane, mais aussi la course des cavaliers vers l’ Alborz et le nid de Simorq et, comme un narrateur, Motebassem doit raconter les différentes scènes et reproduire le mythe de Simorq de sorte que l’on puisse saisir l’histoire par la seule musique
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Mohsen Banaie
Traduit de persan par Sara Shariati

 

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«Simorq» est un projet important et ambitieux, ayant urgemment besoin du soutient de commanditaires. Il est évident que la réussite de ce projet dépendra entièrement de l’aide financière des amis de la culture et des sociétés ayant la possibilité de nous soutenir. Ce projet appartient à nous tous. Nous ne pouvons porter ce grand projet seuls. Nous faisons donc appel à toutes les personnes et sociétés concernées et intéressées à la culture de nous soutenir financièrement. A titre d’exemple, le déplacement de ville en ville des membres de l’orchestre et des organisateurs engendre des frais onéreux et difficiles à assumer pour eux, car jusqu'à aujourd’hui, ce financement a été généreusement assumé par eux seuls.

 

Et, en guise de remerciement, « Simorq » indiquera le nom des donateurs, de manière à honorer leur contribution sur la liste publique de ses commanditaires.